La beauté est parfois saisissante et captivante, parfois dangereuse: la bigarure du serpent-corail, les couleurs vives des grenouilles d'amazonie en sont deux exemples...
Ne pas se fier aux apparences, tel est sans doute le motif qui fait que les aborigènes du bassin de l'Amazone s'effrayent à la vue des Morphos ruisselants de reflets. Ces papillons qui sont les plus brillants de tous les papillons diurnes et que l'on aperçoit, tantôt voler autour d'une couronne d'arbres géants, tantôt cingler, tels de bleus éclairs, vers quelques massifs cachés de la forêt vierge.
Pour les indigènes, il y a, dans un tel éclat, quelque chose de surnaturel et de démoniaque. Ils considèrent, avec crainte, les papillons montant vers le soleil ou plongeant dans le crépuscule de leur retraite forestière. Ils voient, dans cette beauté diabolique, le symbole de ces fièvres qui, de la manière la plus inatendue, s'emparent d'eux et menacent leur existences.
Pour conjurer les esprit fièvreux, les prêtres indiens endossent une robe couverte d'aile de Morphos. Ainsi vêtus, ils deviennent l'incarnation de la maladie et d'un lieu élevé ils lancent leur tunique dans un torrent dont les tourbillons emportent les lambeaux de celle-ci et le mal mystérieux avec...
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